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QUESTION : Les composites sont ils plus solides que le bois ou l'aluminium, les avantages et les inconvénients ?
La question ne se pose pas de cette façon.
Les composites sont un terme générique pour définir une fibre (qui peut être de verre, d'aramide, de carbone, de polyéthylène....) "emprisonnée" dans une résine pour lui donner la forme voulue (résine qui peut être le polyester, le vynilester, l'époxy...).
Les caractèristiques mécaniques d'une pièce en "composite" dépendent de la fibre (ou des fibres) et de la résine employées mais aussi de l'orientation de ces fibres, du nombre de couches....
Ainsi, une pièce composite est moins "polyvalente" que la même pièce en bois ou en métal... dans le sens où ses caractéristiques mécaniques dépendant de sa fabrication et répondent exactement aux critères pour lesquels elle a été conçue et fabriquée.
Lorsque l'on choisi les composites pour la réalisation d'une pièce, ce n'est pas (ou pas seulement) pour sa "solidité" mais surtout pour les caractéristiques dynamiques, de poids, d'adaptation "parfaite" .... à la réalisation finale.
Par exemple :
Les montants de nos traîneaux ne sont pas plus "solides" que si ils étaient réalisés en bois ou en alu.... mais ils disposent de caractéristiques dynamiques que ni le bois ni l'alu ne peuvent apporter au traîneau (Si seule la "solidité" était LE critère, nous choisirions l'acier !!!!)
Il en est de même, dans le cas de vélos ou de mats de bateaux, par exemples.
Un vélo de compétition réalisé en fibre de carbone est bien plus performant que son équivalent en acier ou alu (le cadre récupère une partie de l'énergie du cycliste et la répercute ...) mais il supporte bien moins les chutes ou les chocs "anormaux" (dans un sens non prévu dans la conception initiale... transversalement, par exemple). Un vélo Carbone est aussi "spécifique" à un type d'effort, un type de course ... (un vélo de grimpeur n'est pas un vélo de sprinteur ou de course contre la montre...)
Il en est de même des mats des bateaux de compétition. Aujourd'hui, il est impensable, dans le cadre d'un bateau et d'un équipage performant, d'équiper un bateau avec un mât en bois ou en alu. TOUS les mono ou multicoques performants sont aujourd'hui équipés de mâts fibre de carbone qui est UNE des conditions premières à la performance des bateaux.
Pourtant, lors d'une des dernières Route du Rhum, tous les bateaux équipés de mâts carbone ont dématés et la victoire a été remportée par un "outsider" sur un bateau "d'un autre âge" avec un mât conventionnel.... et tous les "survivants" étaient équipés de tels mâts ... Les circonstances ont été telles (météo, mer...) que les bateaux se sont retrouvés dans des circonstances "anormales" ou non prévues... qui ont entraînées les dématages.
D'autre part, il faut être bien conscient qu'un traîneau carbone ne sera pas plus performant qu'un autre traîneau si il n'est pas utilisé par un musher qui connait ce type de matériel et qui a adapté son "environnement" (son pilotage, les périphériques comme l'absorbeur, la ligne etc...) à ce type de traîneau mais aussi qui s'est "formé" à ce type de matériel.
En outre, et de la même façon que dans les autres sports qui emploient ces technologies, ce type de traîneau entre dans un "contexte général" (compétence, expérience, utilité.....) et ultérieurement dans une stratégie de course. Le matériel ne fera jamais la différence à lui seul (bien au contraire, il vaut mieux un matériel "simple" et moyennement bien utilisé qu'un matériel "hi-tech" que l'on ne connait ou ne maîtrise pas).
Il est inutile voire aberant de choisir ce type de traîneau pour une première année de compétition, sans une certaine expérience, avec un attelage qui n'est pas parfaitement connu et maitrisé, si l'on en maitrise pas un minimum de technique du traîneau, si l'on en a "peur" etc etc...... De la même façon, il est inutile de choisir ce type de traîneau si l'on sait ou l'on s'attend à des vitesses "réduites" (à cause des conditions, de l'attelage, de son expérience etc....) où si la stratégie de course du jour veut des vitesses ou une conduite qui n'est pas en "accord" avec la raison d'être de ces traîneaux.
On peut mettre n'importe qui sur un vélo Carbone mais n'importe qui ne passera pas le Tourmalet à 25 km/h ..... N'importe qui peut acheter un vélo carbone pour ses promenades du dimanche ou pour le montrer à ses relations de club ... mais le jeu en vaut il la dépense et les éventuelles "déceptions", une fois passée le phénomène de "show" ???
En fonction des circonstances, de l'expérience... mais aussi de leur goût, les cyclistes choisissent leur vélo le jour de l'étape (voire en change en cours d'étape). Le tennisman choisi la dureté de sa raquette et la relance de son manche ..... Il doit en être de même d'un traîneau et celà fait parti de la course elle même. Comme on choisi le type de semelles, de fartage, les longueurs de lignes, son amortissement etc.... on choisit AVANT TOUT son traîneau.
Les mêmes "arguments" ou exemples à propos des composites peuvent être pris avec les clubs de golf, les raquettes de tennis, les brancards des sulkies etc...ou la pêche à la ligne où l'énergie du "coup de poignet" doit être restituée le plus vite et avec le moins de perte possible, à l'autre bout de la canne.... En un mot, tous les matériels de sport où la performance dépend de l'énergie restituée, du poids du matériel .....
Celà sous entend que le matériel dans sa "globalité" doit être conçu en fonction de ces "nouvelles" techniques mais aussi que la façon dont il doit être utilisé pour être exploité, doit être connue du sportif.
Mettre des montants carbone sur un traîneau dont les patins ne sont pas adaptés est une "ineptie" (et inversement). Utiliser un traîneau carbone sans connaitre ses spécifités et la façon de l'exploiter n'apportera jamais rien de plus, en terme de performance, qu'un traîneau conventionnel (voire, au contraire, n'apportera que des déboirs et des désillusions). Utiliser un traîneau carbone sans un environnement adapté est là aussi inutile et "siège" de déceptions....
Pour celà, nous déconseillons toujours d'investir des sommes relativement importantes (et qui le resteront car ces techniques sont chères) aux mushers qui nous contactent et qui désirent acquérir un traîneau de ce type sans réellement en connaitre les caractéristiques et les raisons d'être.
Il ne s'agira JAMAIS (car là aussi les techniques et leurs raisons d'être, veulent ça) de traîneaux "faciles" ou polyvalents. Ces traîneaux doivent être adaptés au musher avec une certaine "exactitude". Il est impensable de commander un tel traîneau sans que l'expérience antérieure puisse permettre de déterminer les paramètres de base, les réglages, les besoins, les impératifs etc... à communiquer au constructeur, à la commande (comme un cyscliste détermine le braqué à emmener, le tennisman détermine la plage de réglage de ses raquettes etc.....). |